Guadeloupe - Grande Terre du 03/03 au 07/03

Nous sommes arrivés le mardi 3 mars à la Marina de Pointe-à-Pitre. Après une navigation au départ envisagée de 3h à 4h nous avons mis au moins 5 h depuis l'île des Saintes... La navigation a été compliquée nous avions les vagues de face, au près. Quentin avait mal au ventre et était allongé et alors qu'on se prend une grosse vague, un coquillage décoratif "une conque" pointue lui tombe sur la tête. Quentin pleure de douleur, il saigne de la tête (il va bien pas de souci) ... Au même moment, on a des hauts-fonds c'est la galère. On passe de 30/40 mètres de fond à 5m, puis 4m50, puis 4m20, et là je ferme les yeux, j'ai trop peur que l'on se retrouve sur un banc de sable. Pierre, lui regarde bien la carte. Puis vient une myriade de bouées!!! Plein de bouées de chenal, honnêtement j'ai jamais vu autant de bouées de chenal, mais comme ce n'était pas assez, on a aussi des bouées jaunes avec des câbles sous-marins et des cardinales sud, cardinales est. On vire, on revire. J'oublie aussi de dire qu'il y a des casiers de pêche.... dans le chenal (sinon ce n'est pas drôle) !!!!! Autant dire que quand nous sommes arrivés nous étions contents d'arriver à la marina "Bas du Fort".

Nous faisons une excellente nuit, cela fait longtemps que nous n'étions pas allés dans un port.

Le lendemain visite du mémorial ActE / Pointe à Pitre

Une visite très intéressante ! Et pourtant, on est plongé dans la traite transatlantique et l'esclave. Le ton est donné, l'histoire est déroulée sans filtre à travers vidéos, audios, bruits, arts. Les personnes réduites en esclavages étaient des personnes avec des vies, des familles capturés par des européens en Afrique (centrale le plus souvent mais aussi Togo, Bénin, Nigéria, Cameroun), attachés puis déportés (en transit en Afrique puis des ports vers les colonies). Considérés comme des marchandises, des objets, il étaient entassés dans des conditions inhumaines (bateaux surpeuplés, vivres insuffisants) pour traverser l'océan et peupler les plantations des îles colonisées. Seuls les escalves les plus présentables étaient montrés à l'arrivée. Puis ils étaient dispersés partout en Amérique, la majorité au Brésil (40%), puis les Caraïbes (30%) colonies britanniques en grand nombre et les colonies françaises et espagnoles. Une fraction plus faible aux États Unis.

On y apprend que les plantations de canne à sucre, de café, de coton nécessitaient une main d'œuvre importante. On apprend aussi que les danses et les chants culturels antillais et africains sont liés par la traite. La danse-combat (type Batuque comme on a vu au Cap Vert mais aussi la Capoeira au Brésil) permettait d'apprendre à se défendre et combattre tout en donnant l'impression au maître esclavagiste que ce n'était que de la danse.

Les esclaves utilisaient des rythmes, des percussions et des chants codés pour communiquer ou raconter des histoires de leur pays d’origine.

On apprend qu'après l'abolition de l'esclavage, les affranchis sont restés dans les îles en travaillant comme ouvriers libres, journaliers ou petits cultivateurs. Pendant un temps il y avait d'ailleurs des esclaves, des affranchis, des domestiques qui cohabitaient, une forme de niveaux dans l'esclavage.

Les descendants des esclaves ont préservé des éléments africains, on parle de culture afro caribéenne et afro américaine (nord et sud) pour toutes ces raisons. D'ailleurs, l'esclavage et les colonies sont abordés dans toutes les îles que l'on aura visité, les habitants en parlent naturellement, là où en tant qu'européen on peut se sentir mal à l'aise.

Cette visite était intéressante et accessible aussi pour Quentin pour qui ce sujet est évident et qui adore Laurent Voulzy, Belle île en mer et ses chansons Oh combien relative à l'histoire des îles.

Le soir : Repas chez Dragonfly un vietnamien succulent.

Balades !

Le jour suivant (jeudi 5 mars) nous louons une voiture direction la cascade aux écrevisses, après les supers endroits dans la jungle  que nous avons fait en Dominique notamment, c'est un endroit beaucoup trop touristique. Les gens se prennent en photo devant la cascade mais on ne voit pas les 50 personnes autour. Maël est Quentin se baignent quand même puis nous décidons d'aller vers la maison de la forêt à partir de laquelle partent plusieurs chemins de randonnée.

Nous faisons "Le chemin des ruisseaux". C'est magnifique, les arbres sont majestueux, la forêt et la végétation luxuriante, les troncs sont entourés de feuilles et de lianes, Quentin s'imagine "la forêt de Django", il utilise des immenses feuilles pour marcher dans la boue, nous prenons le pique-nique là où le ruisseau forme une bassine d'eau turquoise avec des poissons (quelques moustiques) et nous continuons,  la jungle est superbe ! Après quoi nous allons faire un autre tour, en tour d'observation qui nous mène à la maison de la forêt et plein d'explications.

Comme nous avons la voiture nous décidons d'aller manger une glace chez Amorino, il se trouve que c'est un centre commercial et je ne l'avais pas vu ! Finalement nous sommes bien contents de manger une glace, d'acheter quelques legos, d'aller chez Cultura et chez Décathlon ! Cela fait très longtemps que nous sommes pas allés dans ces enseignes et c'est assez plaisant ! Et Blandine en profite pour se coiffer chez le coiffeur ainsi que Quentin (qui se retrouve un peu avec une coiffure Jeanne d’Arc que ses frères ne manqueront pas de lui rappeler).

Le repas du soir c'est plancha avec poulpe, poulet et Red snapper, légumes à couscous et semoule. Un bon mélange avec les restes à bord !